Jean-Charles HACHET Critique d'art

Ouvrages d'Art

Les Grands Maîtres de l'Art

"A toute époque son art, à tout art sa liberté". Cette devise du courant Art Nouveau né en Autriche à la fin du XIXème siècle, illustre bien l’âme de ce livre. On y trouve en effet toute la diversité de l’art, du XIXème siècle à nos jours, mise en lumière non seulement à travers l’œuvre des artistes, mais aussi à travers leur cheminement artistique, en rapport avec leur temps et leur environnement personnel. A partir de cette sélection, chacun pourra avoir sa propre conception de l’art » explique Jean-Charles Hachet.

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Le propos de l’auteur n’est pas en effet d’être exhaustif, mais de réunir des vies consacrées à l’art, de comprendre la soif d’ailleurs qui pousse ces artistes et les transporte, quelle que soit l’époque, toujours plus loin dans leur quête créative, toujours plus libres dans leur expression.

Pourquoi faire commencer ce panorama artistique au XIXème siècle ? Parce que ce siècle est celui de l’accélération de l’évolution de l’art. Les artistes s’emploient à dépasser leurs illustres prédécesseurs, au besoin en critiquant leurs méthodes et en pointant du doigt leur immobilisme. Chacun d’entre eux invente alors son propre style, son propre mode d’expression, en un mot sa liberté. Ainsi Eugène Delacroix, au style puissant bien qu’encore tourné vers l’académisme passé, se mesure à Ingres qui représente le néo classicisme officiel.

L’art est en marche. Il accompagne l’essor des sciences et des techniques, il explore des voies nouvelles. La découverte de la photographie vient accélérer le mouvement : les peintres doivent trouver leur place à ses côtés et inventer des procédés et des styles novateurs. L’impressionnisme est la première réponse à cette nouvelle donne. Mais désormais chaque artiste s’efforce d’exister à travers la singularité de son art. Certains vont même trop vite, trop loin. En décalage, voire en rupture avec leur temps, il deviennent des artistes « maudits », rejetés et faméliques durant toute leur existence, reconnus comme des génies et très hautement cotés après leur mort. Van Gogh en est un remarquable mais dramatique exemple.

Au tournant du XXème siècle, l’art s’engage vers un foisonnement encore jamais vu, foisonnement qui sera la marque de ce siècle et se poursuit encore aujourd’hui. Le développement du dadaïsme, du cubisme, du surréalisme, de l’abstraction… sans oublier la persistance de la tradition, démontrent que l’art s’exprime dans un bouillonnement d’idées, et procède par avancées et retours en arrière. Mais loin d’être un handicap, ses contradictions, sont un gage d’indépendance et de vivacité. Les artistes qui s’affirment, et deviennent des « Maîtres », sont souvent ceux qui refusent de se laisser enfermer dans une théorie ou une école. Tels sont en particulier Picasso, Braque, Ernst, Modigliani, César, Trémois, d’Hauterives ... Peintres, sculpteurs, graveurs et d’une façon générale tous les artistes des « Beaux-arts » dont fait désormais partie la photographie, déploient leur talent dans un monde où les idées nouvelles s’organisent en mouvements plus ou moins durables, plus ou moins structurés. Certains sont à l’origine de courants, de tendances, mais finissent par s’en affranchir pour avancer selon leurs propres conceptions, libres comme l’art dont ils portent haut le fanion de la créativité.

L’art quitte les sentiers battus, s’adosse aux avancées technologiques, se glisse dans le sillon des nouveaux médias et fait naître de nouvelles formes d’expression : installations, vidéo art, utilisation de l’ordinateur en lien avec la photographie… L’artiste emboîte le pas de la télévision, du cinéma, de la publicité… et cherche son chemin hors du sillage traditionnel.

Désormais, et plus que jamais, l’art est multiple, multiforme, changeant. On le croit déclinant ? Il renaît de ses cendres tel le Phoenix et on le retrouve changé mais inventif et combatif. L’art s’adapte, vivace et pugnace. Et l’on voit bientôt se croiser en un même lieu et un même temps des expériences innombrables. Cette concomitance en fait sa force et sa marque distinctive.

Dans ce contexte, c’est donc tout naturellement que l’auteur s’est accordé la liberté de rassembler dans cet ouvrage des grands maîtres de la période allant du XIXème siècle à nos jours, sans distinction de styles, de tendances ou de courants, faisant figurer aux côtés de leurs illustres prédécesseurs, des artistes d’aujourd’hui aux pratiques résolument contemporaines qui n’en perpétuent pas moins l’idéal créatif de leurs aînés.

Aucune tentative de classement n’a été délibérément voulue par l’auteur dont le dessein est d’illustrer, grâce à une sélection de peintres, sculpteurs et photographes, à travers leurs modes d’expression, toute la richesse et la diversité de la création artistique et par la même son universalité.

Georges Levy, Directeur de la Gazette des Arts

Les Grands Maîtres de l’Art à la portée de tous

L’ouvrage de Jean-Charles Hachet nous invite à découvrir et à apprécier « les Grands Maîtres de l’Art », ces artistes qui ont marqué leur époque et dont tout le monde a entendu parler. Ce faisant, il éclaire le sens de ces parcours singuliers et de la volonté qui a animé ces femmes et ces hommes puisque, hors des sentiers battus, ils ont laissé une trace montrant l’évolution du mode d’expression qui était le leur. Il offre ainsi un apport culturel important aux nombreux amateurs qui ne connaissent de ces « Grands Maîtres » que le nom ou quelques reproductions largement diffusées.

Longtemps, les chefs-d’œuvres sont restés murés dans des musées qui n’étaient accessibles qu’à quelques initiés. La rareté du public semblait garante de la valeur artistique des œuvres exposées. Les amateurs pouvaient y contempler en toute quiétude, à l’abri du bruit ou de la promiscuité des foules, l’obscur objet de leur désir. Certains regrettent aujourd’hui ces temps heureux où l’art demeurait préservé, immatériel, détaché de toute contingence mercantile, placé sous la seule protection des gardiens du temple sous l’oeil d’un public averti. Selon eux, l’ouverture des musées au grand public a perverti le spectacle en laissant croire que l’approche des œuvres pouvait s’opérer de manière magique, sans passer par la connaissance du contexte dans lequel elles ont été créées ou du sens dont elles étaient porteuses. Les musées seraient devenus des « lieux de culte pour personnes incultes », selon l’expression désabusée de Jean Clair, qui dénonce la confusion entre les procédés de manipulations visant à accroître le nombre de visiteurs et l’accès au savoir qui relève des Institutions à but éducatif.

Il y a trente-cinq ans, suite à la mort de mon frère Pierre, j’ai décidé de créer la Fondation qui porte son nom. L’espace construit abrite les vestiges d’un temple gallo-romain et des cimaises qui accueillent des expositions temporaires. Dès sa création, la Fondation s’est voulue un lieu ouvert et accueillant. Un large public a répondu à l’invitation dans des proportions que l’on n’aurait osé soupçonner, d’abord curieux, puis intéressé, enfin fidèle aux réalisations artistiques présentées. Ils ont pu y admirer les plus belles toiles de Braque, Degas, Gauguin, Manet, Monet, Van Gogh ou Modigliani, les sculptures de Moore ou de Giacometti, tous ces chefs-d’œuvre qui leur étaient jusqu’ici inaccessibles, puisque trop souvent confinés au sein de vénérables Institutions basées dans des métropoles lointaines. La Fondation n’a pas de collection propre. Elle montre à ses visiteurs des œuvres mises généreusement à sa disposition soit par des musées souvent prestigieux, soit par des collectionneurs privés qui acceptent de s’en séparer durant quelques mois.

Ces trente-cinq dernières années ont été marquées par une formidable démocratisation de la culture, si l’on en juge à la fascination exercée sur le public par les nouveaux espaces réservés à l’art. On peut y voir, au pire, un simple effet de mode mais au mieux, une large reconnaissance envers les auteurs des œuvres exposées. Or, on sait que ces auteurs n’ont souvent pas reçu de tels témoignages de leur vivant. Ces nouveaux publics sont incontestablement des amateurs d’art, même si tous n’ont pas baigné dès leur plus tendre enfance dans un climat culturel propice. Les enfants qui accompagnent aujourd’hui leurs parents constituent les amateurs potentiels de demain, surtout si l’art ne prend pas le visage austère des temples culturels du passé.

L’ouvrage de Jean-Charles Hachet, dans la mesure où il contribue à une meilleure connaissance des Grands Maîtres et de leurs œuvres, participe à notre enrichissement culturel à tous. Dans ce sens, il intensifie ce divin plaisir que l’on éprouve à admirer les authentiques chefs-d’œuvre, par la compréhension du contexte dans lequel les artistes les ont créés. Nous lui sommes reconnaissants de partager sa passion avec nous.


Léonard Gianadda
Membre de l’Académie des Beaux-Arts

Cet ouvrage, bâti de chapitres monographiques consacrés aux génies artistiques, nous invite à une réflexion sur les liens qui unissent les Maîtres d’hier à ceux d’aujourd’hui.

La longue histoire de l’Art, riche en créativité et en retournements de préjugés, n’a cessé de révéler à chaque époque de grands Maîtres et de remarquables élèves, amenés pour certains à dépasser leurs brillants aînés.
Car telle est la force de l’Art qui toujours repousse les limites de la création pour sublimer le monde qui l’entoure, transcender la nature et révéler l’essence de la vie. Les artistes, guidés par le métier et l’intuition, sont amenés à se surpasser, à transgresser les codes dans un espace de liberté sans frontières et sans contraintes.

Dans ce long cheminement, faits de ruptures dans les styles, de retours en arrière et de bonds en avant, l’artiste donne corps à l’Art de son temps qui sera le patrimoine du futur. Il doit croire en sa vérité artistique pour l’imposer, parfois dans l’adversité et la solitude. « Mon art à moi, j’y laisse ma vie, et ma raison y a sombré à moitié » dira Vincent Van Gogh dans une de ses lettres à son frère Théo.

Mais, même s’il semble loin des sentiers battus, l’artiste établit plus souvent que l’on ne croit un fructueux dialogue avec l’âme de ses illustres prédécesseurs, tel par exemple Picasso reprenant les Ménines de Vélasquez. Et, pour aider les générations montantes d’artistes, certains Maîtres ont couché sur le papier leurs réflexions sur l’Art et leurs conseils pour aborder le difficile chemin de la création.

Parmi ces écrits, le testament artistique de Rodin occupe une place de premier plan. Dicté à Paul Gsell en 1911, et destiné à être publié après la mort de Rodin, il débute ainsi : « Jeunes gens qui voulez être les officiants de la beauté, peut-être vous plaira-t-il de trouver ici le résumé d’une longue expérience ». Ce texte, qui fait l’éloge de l’Art, rassemble les recommandations du Maître à l’usage des artistes en devenir. Il les exhorte à aimer « dévotement les maîtres » qui les ont précédés mais les prévient : « Gardez-vous cependant d’imiter vos aînés. Respectueux de la tradition, sachez discerner ce qu’elle renferme d’éternellement fécond : l’amour de la Nature et la sincérité. Ce sont les deux fortes passions des génies. »
Et d’ajouter : « Soyez vrais, jeunes gens. Mais cela ne signifie pas : soyez platement exacts. Il y a une basse exactitude : celle de la photographie et du moulage. L’art ne commence qu’avec la vérité intérieure. Que toutes vos formes, toutes vos couleurs traduisent des sentiments. »
« N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez, même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues. »
« Si votre talent est neuf, vous ne compterez d’abord que peu de partisans et vous aurez une foule d’ennemis. Ne vous découragez pas. »

Ce message en forme de confession met en lumière les impératifs de vérité nécessaires à l’artiste pour atteindre la Beauté et ce lien invisible mais si présent qui, tel le fil d’Ariane, relie les artistes. Son caractère universel lui confère une aura d’éternité qui est la marque des grands Maîtres.


Francçois-Bernard MICHEL
Président de l'Académie Nationale de Médecine
Membre de l’Académie des Beaux-Arts

Jean-Charles HACHET apporte à cet ouvrage la rigueur du scientifique et la sensibilité d'un homme sincèrement engagé dans une démarche résolument artistique.
Avec des mots et des images, il décrit avec conviction dans un langage clair et précis, la vie et l'oeuvre de ces artistes de génie dont le cheminement n'est autre que l'histoire de l'art telle qu'elle s'est élaborée au cours des siècles.

Il explique avec passion comment ces lignes de forces ont conduit à l'évolution des styles et de la pensée depuis le XIXème siècle jusqu'à nos jours.

Mieux encore, il replace l'artiste au centre de son propos comme pour mieux affirmer que sans les artistes, l'art n'existe pas.


Antoine PONCET
Président de l’Académie des Beaux-Arts

La peinture comme toute forme d’art n’est pas restée en marge de l’évolution de la société dans laquelle elle se développe.
Même si la tradition picturale du passé demeure active et vivante, aujourd’hui, en prenant appui sur l’imaginaire et non plus sur la reproduction du réel, la peinture est devenue plus intériorisée et partant de là plus difficile à interpréter.

peintres

La vie et l’œuvre de peintres choisis à dessein dans cet ouvrage, illustrent cette évolution depuis le XIX ème siècle jusqu’à nos jours. Ainsi Delacroix, Géricault, Meissonier, Degas, Renoir et plus près de nous, Chagall, Picasso, Léger, D’Hauterives font partager au lecteur un parcours qui leur est propre et à ce titre les rend uniques.
A travers ce qui peut apparaître comme des jeux de couleurs et d’espace sur une toile, quel que soit le sujet, l’objectif pour le peintre est de transmettre un contenu émotionnel et d’exprimer ses sentiments, d’offrir à notre vue l’essence invisible des choses.

Il ne s’agit plus des formes issues de la réalité. « Ecrire n’est pas décrire, peindre n’est pas dépeindre. La vraisemblance n’est que trompe-l’œil » dira Georges Braque.
Tous ces artistes sont animés par la même passion, la même fièvre créative qui prend sa source dans les tréfonds de la pensée, ils nous surprennent parfois, mais nous font rêver toujours.

Les sculpteurs présentés dans cet ouvrage témoignent de la vitalité de leur art en perpétuel mutation, à travers des œuvres classiques mais aussi résolument modernes.
Se trouvent ainsi rassemblés des artistes aussi différents que Rodin, Bourdelle, Giacometti, Arp, César, aux côtés d’artistes contemporains comme Abeille, Cardot, Lanvin, Poncet, Terzief, Trémois , pour n’en citer que quelques uns.

sculpteursCertains d’entre eux ont marqués pour toujours notre histoire de l’art, d’autres méritent d’être découverts ou mieux connus du grand public. C’est l’un des objectifs de ce livre.
Les formes d’expression ont très largement évolué notamment au cours d’une période récente, en partie grâce à l’emploi de nouveaux matériaux et le recours aux nouvelles technologies.
Aujourd’hui Le sculpteur devient un montreur, un prospecteur, un créateur de formes, un animateur de l’espace, son atelier n’est plus un lieu clos, il s’ouvre largement sur le monde extérieur, s’introduit dans la vie courante, son geste cependant demeure immuable et par la même il est intemporel.

HenriCartierBresson
Henri CARTIER BRESSON

« La main qui se tend n’est que le prolongement de la sensibilité et de l’intelligence »
nous dit Henri-Cartier Bresson.

Au fil des années, la photographie a progressivement et naturellement pris une place de choix dans notre environnement culturel et tout particulièrement dans l’art contemporain où elle est associée à toutes sortes de performances et autres installations éphémères.
On constate que cette discipline séduit non seulement le monde de l’art mais aussi le public ainsi qu’en témoigne la multiplication des expositions consacrées à la photographie dans les galeries et aussi les grands musées.

Avec ces techniques qui évoluent à grands pas et notamment la découverte du numérique qui constitue une véritable révolution, l’acte photographique repousse les limites et franchit les frontières qui séparaient autrefois les différentes formes d’art visuel. Les images transformées et savamment travaillées, s’apparentent parfois à des œuvres peintes.
Aujourd’hui le photographe, n’est plus comme un chasseur à l’affût d’une image que le hasard va fortuitement placer sur sa route, son regard est préconçu, il obéit à une stratégie dont l’objectif est de modifier notre vision du monde. Peu importe le sujet, il peut être des plus insignifiants ou des plus ordinaires dès lors qu’il nourrit notre imagination et enrichit notre jugement. C’est donc tout à fait naturellement que des photographes devaient figurer dans cet ouvrage au même titre que des peintres et des sculpteurs.